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Guide · Renouvellement & rétention

Comment calculer et améliorer le taux de renouvellement de son portefeuille courtier

Lecture : 7 min·Mis à jour mai 2026

Le taux de renouvellement est le KPI numéro 1 de la santé d'un portefeuille courtier. Il mesure directement votre capacité à conserver votre base de revenus d'une année sur l'autre — avant même de parler de croissance, de prospection ou de cross-sell.

Pourtant, la plupart des courtiers ne le calculent pas précisément. Ils ont une impression générale — « on renouvelle bien » ou « on a perdu quelques clients cette année » — mais pas de chiffre fiable. Et sans chiffre, pas de pilotage possible.

Dans cet article, nous allons voir comment calculer votre taux de renouvellement avec la bonne formule, ce que les benchmarks du marché disent sur ce que « bon » veut dire, pourquoi votre taux peut baisser sans que vous le sachiez, et quel plan d'action mettre en place 60 jours avant chaque échéance.

Définition et formule de calcul

Taux de renouvellement = (polices renouvelées ÷ polices arrivées à échéance) × 100

Exemple : 87 polices renouvelées sur 100 à échéance = 87 % de taux de renouvellement

La mesure doit porter sur une période cohérente — typiquement l'année civile ou les 12 derniers mois glissants. Attention à n'inclure dans le dénominateur que les polices qui avaient réellement une échéance sur la période, pas l'ensemble du portefeuille.

Taux de renouvellement vs taux de rétention : la différence

Les deux indicateurs semblent proches mais ne mesurent pas la même chose. Le taux de rétention rapporte le nombre de clients encore actifs en fin de période à celui du début — il intègre les nouvelles souscriptions dans la base. Le taux de renouvellementse concentre uniquement sur les polices arrivées à terme : c'est une mesure chirurgicale de votre performance à l'échéance.

Pour un courtier, le taux de renouvellement est l'indicateur le plus honnête : il ne se laisse pas diluer par les nouvelles entrées. Un cabinet qui perd 15 % de ses renouvellements mais compense en signant 20 nouveaux clients par mois peut afficher un beau taux de rétention global — tout en cachant un problème structurel de fidélisation.

Benchmark marché

En dessous de 80 %

Situation critique

80–91 %

Dans la moyenne marché

92 % et plus

Performance excellente

Ces benchmarks varient selon les lignes de produits. En assurance auto, les taux de renouvellement sont naturellement plus volatils qu'en prévoyance ou en assurance vie, où l'inertie client joue davantage. Un taux de 88 % sur un portefeuille auto est très correct ; le même chiffre sur un portefeuille prévoyance PME serait préoccupant.

Pourquoi votre taux baisse sans que vous le sachiez

Le taux de renouvellement ne s'effondre pas du jour au lendemain. Il s'érode progressivement, pour des raisons qui ne se voient pas dans le quotidien opérationnel d'un cabinet.

Les polices oubliées, sans rappel à temps

Sur un portefeuille de 400 polices, il est impossible de tenir mentalement le calendrier de toutes les échéances. Sans système d'alerte, certaines polices arrivent à terme sans que le moindre contact ait été pris. Le client reçoit son avis d'échéance, compare, et part — non pas parce qu'il voulait partir, mais parce que personne ne l'a rappelé avant que la décision ne soit prise.

Les clients « silencieux » qui ne disent rien et partent

Le churn silencieux est le plus dangereux. Ce sont des clients qui ne se plaignent pas, ne demandent rien, ne donnent aucun signal apparent — et qui partent à l'échéance sans préavis. Ils ont pris leur décision plusieurs semaines avant, souvent après avoir reçu une sollicitation directe d'un assureur ou d'un comparateur. Personne ne les a appelés entre-temps pour justifier la valeur du cabinet.

Ces clients représentent souvent 40 à 60 % des résiliations observées. Et ils sont quasi invisibles sans analyse systématique du portefeuille.

Les segments à risque structurel

Deux profils de polices concentrent une part disproportionnée des non-renouvellements :

  • Les polices de plus de 3 ans sans contact récent. L'inertie initiale s'est érodée. Le client n'a plus de raison émotionnelle forte de rester, et la concurrence a eu le temps de le solliciter plusieurs fois.
  • Les clients mono-produit. Un client qui détient un seul contrat chez vous n'a aucun coût de sortie. Il peut résilier sans perturber quoi que ce soit dans sa relation avec votre cabinet. À l'inverse, un client multi-équipé (3 produits ou plus) présente un taux de renouvellement structurellement supérieur de 15 à 25 points.

Pour aller plus loin sur les signaux qui annoncent un départ, consultez notre guide sur les 5 signaux qui annoncent qu'un client va résilier son contrat.

Plan d'action : les 60 jours avant l'échéance

La fenêtre d'action efficace se ferme rapidement. À moins de 15 jours de l'échéance, le client a souvent déjà pris sa décision. Voici comment structurer l'intervention en amont pour maximiser vos chances de renouvellement.

J−60

Identifier les polices à risque

Extraire toutes les polices arrivant à échéance dans 60 jours. Croiser avec les signaux de fragilité : mono-produit, absence de contact depuis 12+ mois, ancienneté supérieure à 3 ans sans bilan. Ce travail de triage est le plus critique — il détermine où concentrer votre énergie.

J−30

Premier contact personnalisé

Appel téléphonique privilégié sur les polices à enjeu élevé, email personnalisé sur les autres. L'objectif n'est pas de vendre — c'est de prendre la température. « Êtes-vous satisfait de votre couverture actuelle ? Y a-t-il eu des changements dans votre situation ? » Un client qui répond positivement est quasi gagné. Un client qui hésite vous donne le temps d'agir.

J−15

Relance si pas de retour

Pour toutes les polices sans retour au J−30, une relance ciblée. Email court, objet explicite (« Votre contrat [produit] arrive à échéance le [date] »), proposition concrète d'un échange de 10 minutes. Ce n'est pas de l'insistance — c'est du service. Un client qui se retrouve en renouvellement tacite parce que personne ne l'a relancé ne vous en sera pas reconnaissant.

J−0

Dernier appel ou proposition alternative

Sur les polices encore non confirmées à J−0, deux options : dernier appel de confirmation pour les contrats à fort enjeu, ou proposition d'une alternative tarifaire si le prix est le frein identifié. À ce stade, une concession sur la prime vaut toujours mieux qu'une résiliation — surtout si le client est ancré et multi-équipé.

Ce que PortfolioSignal fait automatiquement

Mettre en œuvre ce plan d'action manuellement sur 50 polices est faisable. Sur 300, 500 ou 800 polices, c'est une autre histoire : identifier les polices à risque, prioriser par valeur, suivre les relances — tout cela devient un travail à plein temps.

PortfolioSignal automatise la partie analytique pour que vous puissiez concentrer votre temps sur la partie relationnelle.

60

Détection des renouvellements à 60 et 30 jours

À partir de votre export CSV, PortfolioSignal identifie automatiquement toutes les polices arrivant à échéance dans les 60 et 30 prochains jours. Pas de paramétrage complexe — il suffit d'importer votre fichier.

Alertes priorisées par valeur de police

Toutes les échéances ne se valent pas. PortfolioSignal classe les alertes par valeur annuelle de commission, so que vous traitez en priorité les polices à fort enjeu. Un renouvellement à 3 500 € de commission mérite plus d'attention qu'un contrat à 120 €.

Signaux de fragilité croisés

Pour chaque police en approche d'échéance, PortfolioSignal croise les signaux de risque : mono-produit, ancienneté sans contact, sinistre récent. Vous savez d'emblée quels renouvellements sont à risque et lesquels sont solides.

Le résultat : chaque matin, vous ouvrez une liste d'actions prioritaires — pas un portefeuille de 500 polices à parcourir manuellement. Votre taux de renouvellement s'améliore mécaniquement parce qu'aucune échéance ne passe plus entre les mailles.

Comprendre la différence entre churn volontaire et non-renouvellement passif est essentiel pour interpréter correctement vos chiffres. Notre article Churn vs attrition : quelle différence pour un courtier en assurance ? explique comment distinguer les deux et agir sur chacun séparément.